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RAID A SKI DANS LES PYRENEES
Col du Somport - Cauterets
Mars 1994 - Quelques notes sommaires
Dimanche 6 mars
7h40 - Col du Somport. Station espagnole
d'Astun. Débarquement sur un parking style aéroport. 2
bulldozers bruyants. Brouillard et bruine. Nous sommes cernés
par les remontées mécaniques. Face à nous, l'hôtel
Europa gigantesque, mange le paysage. Les stewards en combinaisons fluo,
débarquent des voitures. Ils nous regardent comme si nous étions
des ours des Pyrénées. Quelle débâcle ! Peut
on imaginer un départ de raid plus sinistre ?
8h15 - Le ciel se dégage un peu.
8h30 - On chausse les skis devant les poubelles de l'hôtel
Europa.
9h50 - Col des Moines. Retour en France.
Le brouillard total. Nous devrions avoir une vue fantastique sur le
pic du Midi d'Ossau. On retire les peaux. Casse croûte. Michel
tire des azimuts, et on descend dans le néant. Boussole, altimètre,
carte... Boussole, altimètre, carte... Et encore boussole, altimètre,
carte...
12h05 - Nous arrivons pile sur les cabanes de Lous Québottes.
Arrêt casse croûte. 3 Espagnols surgissent du brouillard.
Ils se sont perdus et suivent nos traces. Ils cherchent la station et
se croient encore en Espagne.
Une des cabanes est ouverte: 3 sommiers métalliques, table, chaises
et une cheminée avec du bois.
13h05 - Nous repartons. Le brouillard
est toujours aussi dense.
Montée très délicate dans le flanc de la
montagne qui surplombe les cabanes. Un vallon assez pentu au milieu
des pins espacés. On entend des chutes de pierres, proches
et au dessus de nous. La pente est forte, et la neige lourde.
On s'arrête, complètement bloqués. Michel
cherche désespérément les barres rocheuses
à notre gauche et au dessus, pour se situer précisément.
On perd beaucoup de temps. Les pentes au dessous semblent immenses.
Yves, finalement ose s'aventurer quelques dizaines de mètres,
puis Claude part en reconnaissance et trouve un col. Est ce le
bon ? Si nous sommes là où nous devrions être
(les mamelons du col de l'Iou), c'est le point de non retour:
si nous passons, il nous faudra trouver un 3e col, puis le refuge
Pombie. Le brouillard ne désépaissit pas. Nous nous
repérons sur un tout petit vallon étroit qui devrait
descendre sur le lac de Peyreget.
Nous arrivons au lac. Le reste sera facile.
17h15 - Col de Peyreget. Aperçu
fugitif sur le pic du Midi d'Ossau lors d'une très brève
éclaircie et après 20 minutes d'attente.
Traces de fréquentation de la journée, que nous
suivons toujours dans le brouillard jusqu'au refuge.
18h00 - Refuge de Pombie. Deux Espagnols
sont bloqués par le brouillard.
Le réchaud du refuge est en piteux état: plusieurs
fuites dont une près du bouton de droite, qui fond... Comme
nous décidons de l'utiliser quand même, mais sur
un seul feu, au bout d'un moment, l'autre s'est allumé
tout seul. Alors, nous avons utilisé les 2 feux pour faire
fondre la neige. Cela nous permet d'économiser nos cartouches
de gaz. Après ces péripéties, les Espagnols
nous disent qu'ils sont allés chercher de l'eau au lac,
voisin du refuge. Ils se font une sacré tambouille avec
riz, carottes, poireaux, tomates, chorizo... Ca mijote.
21h30 - Coucher, après cette étape de
rude entrée en matière.
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Lundi 7 mars
6h30 - Lever. La neige a regelé. Le ciel est
dégagé, il fait beau. Mer de nuages en dessous,
vers 1800 m.
8h15 - Départ en descente, en direction de
la cabane de Soques. La neige est très dure. Trois isards.
On déchausse une centaine de mètres avant la Cabane
de Soques, faute de neige.
9h40 - Cabane de Soques. Casse croûte
14h00 - Col d'Arious. Vue superbe,
sur 360°
La lumière est magnifique, le vent vif. Nous sommes seuls.
Belle vue sur le Midi d'Ossau et ambiance raid, splendide, engagée,
savourée malgré le vent. C'est beau les Pyrénées.
Nous descendons en direction du lac d'Artouste sur
150 m, moins exposé qu'on ne le pensait, puis nous remontons
sur le refuge d'Arrémoulit par l'itinéraire d'été.
Belle vue sur le vallon où nous nous régalons de
notre solitude. Nous avons préféré l'itinéraire
le moins exposé aux avalanches: nous aurions pu passer
par le col au dessus du lac d'Arrious. Cette descente, dans un
goulet raide a pourtant été faite récemment,
mais les coulées sont nombreuses dans ce secteur. Nous
approchons du refuge par une impressionnante traversée
plongeante sur le lac: nous empruntons prudemment une trace déjà
gelée, mais à plat.
16h00 - Refuge d'Arrémoulit
Fonte de neige et toilette dans la plus belle salle
de bain du monde: un superbe rocher de granit poli, déposé
près du refuge, dans un cirque de hautes montagnes dorées
par le soleil couchant. Grande toilette, à deux sur le
même demi-litre d'eau. Nous mettons des papiers journaux
dans nos chaussons pour pomper l'humidité.
Après un dîner lyophilisé, nous avons tous
bien vite glissé sur les pentes fraîches et poudreuses
du sommeil.
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Mardi 8 mars
7h00 - Lever. Il fait toujours beau. La lumière
est légère. Aujourd'hui, c'est l'étape "de
repos", la plus courte, la moins dénivelée.
9h00 - Départ
La neige déjà transformée, est en condition
printanière.
10h00 - Col de Palas. La montée
à ce "petit" col est très esthétique,
dans ce vallon d'Arrémoulit, où les parois granitiques
voisinent harmonieusement avec les formes plus douces des lacs
et des replats.
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Quelques spits aperçus au passage. La neige
gelée pose déjà quelques problèmes
à Évelyne. Casse croûte.
Nous passons en Espagne. Neige gelée dans la traversée
Palas-Lavedan.
12h00 - Col du Lavedan. Sortie par
un couloir étroit. Casse croûte. Retour en France.
La descente, quoique exposée à un endroit, est magnifique.
Repas sur une touffe de rhododendrons, îlots de verdure
au milieu d'un univers minéral où nous nous sentons
bien.
14h30 - Refuge Larribet. Grand soleil.
Nous faisons sécher les chaussettes et les chaussons. Ca
parfume !
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Mercredi
9 mars
6h45 - Lever. Ciel toujours clair.
10h15 - Col de Pabat. C'est très
beau, y'a du soleil et une magnifique arête de neige. Descente
d'abords en crampons sur 50 mètres, puis à ski. Pentes
soutenues, pouvant être avalancheuses. Quelques virages en bonne
neige, une longue traversée et nous repartons en montée.
Nous contournons le glacier par la droite, pentes moyennes sans danger,
alors que l'itinéraire normal passe plutôt à gauche.
Aucune crevasse visible.
Il commence à faire très chaud. Heureusement, au bout
d'un moment, nous passons de l'ombre au soleil et vice-versa, à
chaque virage.
Le sommet du Balaitous ne peut pas se faire à
ski. Nous les laissons donc en bas d'un couloir de neige, sur la droite.
Nous atteignons à pied une brèche à 3030 m.
La descente est un peu laborieuse au départ: la neige
est croûtée. Une traversée plus haute qu'à
l'aller, nous permet de rejoindre le col de Pabat avec seulement 30
m de remontée, que nous faisons skis à la main, dans nos
traces du matin.
16h00 - Retour au refuge Larribet
Jeudi 10 mars
5h30 - Lever. Il fait toujours beau. Ca a gelé
fort, tant mieux.
6h45 - Départ à la pointe du jour, en
descente, en direction de la petite cabane Doumblas, puis montée
sur le col de la Peyre St Martin.
Beaucoup de temps perdu à cause d'une fixation cassée. Réparation.
Le vallon est assez agréable, bien qu'assez long. On fait
le plein d'eau au dernier replat. Sous le col: la cabane indiquée
par la carte n'y est pas visible.
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12h30 - Col de la Peyre St Martin.
Casse croûte.
13h00 - Nous repartons sur l'Espagne, en légère
descente, sous des barres rocheuses. Il fait chaud. En plein soleil,
la neige devient très mauvaise, épaisse et humide,
sur une pente importante.
16h30 - Enfin le col de la Fache.
Le ciel est un peu voilé. Nous sommes seuls, comme d'habitude.
Le paysage est sauvage. La Grande Fache nous domine de son arête
nord, ambiance alpine sous le soleil déclinant ...On voit
au loin le pic du Midi d'Ossau, et plus près, on découvre
le Vignemale.
17h00 - Descente sur la France.
17h45 - Refuge Wallon
Il y a 3 randonneurs qui ont allumé un feu dans la cheminée.
On pend les chaussettes, qui se mettent à fumer. |
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Vendredi 11 mars
6h45 - Lever. Il fait toujours beau
8h15 - Départ
Deux isards en montant au col d'Arratille.
12h15 - Col d'Arratille. On est en
Espagne.
14h00 - Col des Mulets. On est en
France. Le Vignemale s'impose à nous, tout proche.
14h45 - Refuge des Oulettes de Gaube.
Toilette au pied de la face nord du Vignemale. Feux dans le poêle
à charbon. |
  
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Samedi 12 mars
5h00 - Lever. Temps couvert
6h15 - Départ à la frontale pour le
Vignemale, crampons aux pieds, skis sur le sac.
Le ciel se dégage rapidement, dés que le jour arrive.
Quelques nuages se forment sur les crêtes du Vignemale,
puis se dissipent.
8h15 - Hourquette d'Ossoue. On descend
sur le refuge Baysselance, toujours en crampons, car nous pensons
en avoir besoin pour la traversée sur le glacier d'Ossoue:
erreur. Il fallait chausser les skis et faire la traversée
en glissant. Nous aurions gagné une bonne demi-heure et
de l'énergie.
10h15 - Le ciel se couvre complètement. Le
brouillard monte et devient menaçant, surtout pour retrouver
le vallon qui remonte au col de la Hourquette d'Ossoue.
Nous décidons d'abandonner l'ascension du Vignemale
vers 3000 m.
11h45 - De nouveau à la Hourquette d'Ossoue,
où une éclaircie fait une apparition.
12h30 - Descente sur le refuge des Oulettes
de Gaube, puis sur Pont d'Espagne. Gymkhana
dans les bois de pins. Nous passons dans le brouillard quelques
kilomètres d'avalanches, au niveau du lac de Gaube, qui
commence à dégeler.
Nous rejoignons Cauterets dans un
camion de l'armée Française.
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