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Photographier, c'est déssiner avec de la lumière ...

La haute montagne est un milieu naturel exceptionnel, propice à la photo. Toutefois, la beauté des lieux cache un environnement très hostile, qu'il est nécessaire de bien connaître pour s'y aventurer. Il faut être montagnard avant d'être photographe. En plus de la lumière et des lignes du paysage, il faudra souvent composer avec le froid, la fatigue, l'isolement, la peur, le vide, les chutes de pierres, le rayonnement ultra violet, le matériel (montagne et photo) toujours trop encombrant et lourd, la météo capricieuse et soudaine, le risque d'avalanche, le manque d'oxygène, l'obligation de tenir un horaire et le temps qui passe tellement vite ...

Pratiquer la montagne

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Pratiquer la montagne | Faire des photos en montagne

Faire des photos
en montagne...


Cette page, rédigée au début des années 2000, commence à dater!
Le matériel photographique a beaucoup évolué. L'argentique a cédé la place au numérique. Mais les règles de base restent les mêmes.
Elle est dans l'attente d'une mise à jour...


Vous cherchez peut être quelques conseils pour faire des photos en montagne ?
Je suis tenté de dire que les 2 règles de base sont les suivantes:
• Etre au bon endroit au bon moment, l'appareil fera le reste !
• La haute montagne est un milieu dangereux pour qui ne possède pas les techniques et les compétences nécessaires. Si votre niveau ne vous permet pas d'être autonome, partez avec un ami compétent et fiable ou avec un guide de haute montagne.
Je complète toutefois par quelques remarques faites au fil du temps:

Des contraintes liées à la montagne

L'accès. La haute montagne ne se parcours qu'à pied, en raquettes ou à ski. Il est indispensable de posséder un minimum de notions d'alpinisme et une bonne condition physique.


Horaires des belles lumières. En général, les plus belles lumières viennent pendant environ 30 mn après le lever du soleil et 30 mn avant le coucher. En haute montagne, il est difficile d'être aux meilleurs endroits à ces heures.


Les amis qui attendent. Les amis qui nous accompagnent ne sont pas forcément photographes et le temps passé à attendre la lumière ou chercher un cadrage satisfaisant sera pour eux très long, surtout si il fait froid.


L'escalade. Difficile d'avoir un appareil photo à portée de main quand il faut escalader le rocher ou la glace. Il faut assurer en priorité son compagnon de cordée. De plus, dans une voie longue, il faut tenir un horaire. Et puis, les possibilités de cadrage sont très réduites, on ne peut pas prendre du recul ou changer de premier plan.


Poids du matériel photo limité. Le reflex est peu approprié aux courses techniques en haute montagne (car trop lourd et encombrant). Pour les randonnées de plusieurs jours, si on souhaite embarquer un reflex, il faudra aussi faire un choix sur le matériel pour limiter le poids.


Et puis, il y a aussi le froid, la fatigue, l'isolement, la peur, le vide, les chutes de pierres, le rayonnement ultra violet, la météo capricieuse et soudaine, le risque d'avalanche, le manque d'oxygène, l'obligation de tenir un horaire et le temps qui passe tellement vite ...

Rappel de quelques principes

Le diaphragme détermine la quantité de lumière qui devra passer au travers de l'objectif pour impressionner suffisamment le film.


L'obturateur détermine la durée pendant laquelle le film sera exposé, autrement dit le temps de pose ou encore la durée d'exposition.

Au moyen des ouvertures de diaphragme et des vitesses d'obturation, il sera possible de donner au film une exposition parfaite (lumination) soit en ouvrant/fermant le diaphragme ou en augmentant/diminuant la vitesse ou encore en jouant sur les deux paramètres à la fois afin d'obtenir un couple vitesse/diaphragme correct.


La profondeur de champ est la distance de netteté existant avant et après le sujet sur lequel on fait la mise au point. Elle augmente lorsqu'on ferme le diaphragme. D'autre part, elle est d'autant plus grande que la distance de mise au point est plus éloignée. Elle est plus importante en arrière du plan de mise au point qu'en avant. Elle est plus importante avec les objectifs de courtes focales (grands angles). Elle dépend aussi de la taille du capteur des appareils photos numérique: un APN compact à petit capteur donnera une très gande profondeur de champ.

Une grande profondeur de champ sera utile pour faire le point sur de nombreux plans éloignés les uns des autres. A l’opposé, une faible profondeur de champ peut assurer un flou sur un arrière plan ou un avant plan du sujet à photographier. Ce flou sera utile si les plans en avant et en arrière du sujet sont à ’effacer’ de la photo.

Les compacts numériques délivrent le maximum de piqué a leur plus grande ouverture ou en fermant d'un diaphragme (la diffraction altère la définition et le contraste aux petites ouvertures)

A main levée, pour éviter les risques de bouger, ne pas descendre a une vitesse inférieure a l'inverse de la focale. Par exemple, avec un 28 mm, il ne faut pas choisir une vitesse inférieure au 1/30.
Pour des vitesses plus lentes, il faudrait utiliser un pied stable, donc lourd. Ce qui est difficilement envisageable lors d'une course en montagne. On pourra quand même poser l'appareil sur un rocher. Les bricoleurs pourront réaliser un système permettant de fixer l'appareil sur le piolet ou sur un bâton de ski.

La lumière d'altitude

En altitude, l'air est à la fois moins dense et moins chargé en particules diffusant la lumière dans les ombres, lesquelles peuvent être très sombres. Le contraste local est généralement très fort. L'influence du ciel bleu dans les ombres est beaucoup plus grande qu'au niveau de la mer.

Par ailleurs, l'air plus rare constitue un filtre moins efficace contre l'ultraviolet qui abonde en altitude. Il y a souvent une grande différence entre l'impression visuelle et ce que le film enregistre. A moins de vouloir conserver volontairement une forte dominante bleue pour évoquer les distances, il est nécessaire de filtrer cet ultra-violet excédentaire. N'oubliez pas non plus qu'en réagissant à l'ultraviolet, le film reçoit une plus forte exposition et que les lointains seront plus clairs qu'à l'œil nu.

En moyenne montagne, le voile atmosphérique est provoqué par la dispersion de la lumière par les particules contenues dans l'air.
Les fines poussières, les fumées polluantes provoquent l'apparition d'une dominante bleue dans les lointains. Le voile dû a l'humidité, au contraire, reste neutre et blanc. Pour diminuer les effets du voile, il faudra utiliser un filtre ou éviter les vues lointaines en préférant les vues rapprochées. Après une période pluvieuse, ou après un orage l'atmosphère est plus limpide.

Les filtres

L'anti-ultraviolet (UV) : protège la lentille frontale de l'objectif, diminue un peu (très peu !) le voile atmosphérique. Il peut rester en permanence.

Le polarisant : permet de saturer les couleurs en éliminant partiellement ou totalement les reflets (sauf sur les surfaces métalliques). L'effet est maximal quand le soleil est perpendiculaire par rapport à l'axe de l'objectif. Diminue le voile plus éfficacement que l'UV, fait ressortir les nuages en fonçant le bleu du ciel. Il "consomme" jusqu'à 2 diaphragmes.
Sur la neige par temps ensoleillé, avec la Velvia, ce filtre n'est pas recommandé, car les contrastes sont beaucoup trop violents et le film sera brûlé.
Le polorisant circulaire est destiné aux boîtiers AF et le linéaire aux boitiers à MAP manuelle.

Dégradé gris : permet de réduire la quantité de lumière sur une partie de l'image

Rouge ou orange : en noir et blanc. Suupprime la brume, assombrit le ciel

Avec un grand angle, le filtre ne doit pas être épais pour éviter le vignetage (zones plus sombres dans les angles de l'image).

Exposition

Sur neige : ça dépend !
La bonne exposition dépendra de l'appareil, du mode de mesure (spot, prépondérance centrale, matricielle), s'il fait grand soleil, du type de film, de la surface occupée par la neige sur la photo …
Le plus sage est de faire des essais, avec surexposition 1 à 2 diaphragmes (+1/+1.3/+1.6/+2IL)
Si votre appareil intègre une fonction de bracketing automatique sur l'exposition, c'est l'occasion où jamais de l'expérimenter.

Pourquoi une correction positive ?
Tout simplement parce qu'une cellule ne peut savoir si ce qu'elle voit est de l'herbe verte ou de la neige, qu'elle considère tout comme gris moyen avec une reflectance de 18%. Elle fera donc en sorte que la neige sorte grise. En sur-exposant, on lui rend sa luminosité importante.

Les appareils numériques sont capables d'afficher un histogramme qui permet de juger l'exposition de l'image.

La diapo exige une exposition très précise.
Pour les portraits en plein soleil, un flash adoucira les ombres (fill in). Attention, la portée du flash d'un compact est très faible.

Compact ou reflex ?

Le compact a l'avantage d'être léger et offre un encombrement réduit. Il peut être disponible à tout moment, dans toute situation (ou presque!). Avec 4 ou 5 M Pixels, il produit généralement des images de qualité suffisante pour des agrandissements limités au A4 ou pour l'écran (5 MP ou plus permettra un recadrage de l'image). Il a une grande profondeur de champ.

Avec un reflex, le cadrage est plus aisé, puisqu'on voit sensiblement dans le viseur ce qui sera sur la photo. Cet appareil est plus réactif et permet l'utilisation d'une grande variété de focales, du très grand angle au très long téléobjectif. On pourra ajouter un filtre et un pare-soleil. Le reflex permet de "débrayer" les automatismes et de maîtriser les paramètres de la prise de vue afin d'obtenir l'image souhaitée. On pourra par exemple jouer sur la profondeur de champ (importante en paysage, faible en portrait, très grande en macro), sur la vitesse (filé), sur le rendu de la photo (zone à prendre en considération pour la mesure de lumière dans les images à très fort contaste). Avec des objectifs de qualité, les agrandissements pourront être conséquents.

Le compact donne des souvenirs.
Le réflex ouvre la voie au plaisir de la photo ...

Focale

• Le grand angle augmente de façon disproportionnée les distances. Il aura tendance à mettre en valeur le premier plan et donner une impression de grande profondeur. Un 24 mm ou éventuellement un 28 (moins cher) sera bien utile.

• Le téléobjectif, à l'inverse, rétrécit le champ et montre les différents plans plus près les uns des autres qu'ils ne le sont en réalité. Il aura tendance à mettre en valeur l'arrière plan.

• La même focale ne donne pas le même cadrage selon que l'objectif est monté sur un appareil numérique ou sur un appareil argentique. En général les capteurs numériques sont de taille inférieure à 24x36 mm. Du coup, il n'y a sur la photo qu'une partie de l'image formée par l'objectif. Un 35 mm monté sur un D70 donnera un cadrage équivalent à un 50 mm monté sur un F80. L'ouverture reste identique.

Nettoyage & protection

Les objectifs sont très fragiles et la proximité des crampons peut leur être fatale... Ils doivent être manipulés et transportés avec de grandes précautions pour ne pas rayer ou déplacer les lentilles. Leur nettoyage consistera à chasser les poussières avec une poire en caoutchouc et avec un pinceau à poils doux.

Pour enlever d'éventuelles traces de doigts, utilisez des papiers spéciaux dits papiers optiques (ceux pour lunettes ne conviennent pas, ni ceux imbibés de produits soit-disant anti-statiques). Ne jamais frotter fortement les lentilles ni utiliser de produits style alcool ou autres.

Une bonne solution pour protéger la lentille avant de l'objectif sera de fixer à demeure un filtre anti UV. Il vaut mieux rayer un filtre à quelques dizaines d'euros qu'un objectif à plusieurs centaines.

Lorsque l'objectif n'est pas en service, toujours replacer les bouchons de protection.

Un pare-soleil évitera quelques rayons parasites et protègera un peu la lentille frontale de l'objectif.

En escalade, un compact pourra être placé dans une sacoche (ou un sac à pof) accrochée au baudrier. De plus une cordelette reliera l’appareil au baudrier.

Film

• Diapo saturé: Fuji Velvia 50 et 100
• Diapo neutre: Sensia 100 Astia 100F Kodak Elite 100
• Négatif: Fuji Reala 100

• Ne pas changer le film directement au soleil
• Le film se conserve au congélateur, longtemps après la date de péremption. Le sortir 1/2 j avant utilisation sans ouvrir la boite de protection.

Argentique ou numérique ?

La question risque de ne plus se poser encore longtemps. La difficulté pour s'approvisionner en pellicule, le délai et le coût (et parfois la mauvaise qualité) du traitement du film feront que peu à peu, le numérique sera incontournable.

Sur la neige, l'écran des appareils numériques est inutilisable au soleil.

Les appareils numériques sont très gourmands en énergie. Il faut avoir plusieurs batteries. C'est lourd!

Le numérique permettra de paramétrer sensibilité et température de couleur selon les résultats souhaités, et cela pour chaque photo. Pour conserver les couleurs du couchant, réglez la température de couleur sur lumière du jour.
Si votre appareil le permet, utilisez le format RAW pour photographier les lumières de l'aube et du couchant. Cela vous permettra une plus grande souplesse pour régler la balance des blancs, a postériori.

Le froid

Il fait partie intégrante de l'univers de la haute montagne.

Les batteries. Les batteries n'aiment pas le froid. Il suffit d'en avoir deux à votre disposition. Gardez l'une d'elle dans une poche pour qu'elle puisse être maintenue au chaud et intervertissez les régulièrement.
Si votre appareil se nourrit de piles au format AA, préférez les accus rechargeables, au nickel ou mieux au lithium.
Les batteries lithium ont une faible autodécharge.

La condensation. Ne pas mettre l'appareil au chaud contre soi sous l'anorak : condensation garantie à la sortie de l'appareil au froid. De quoi perturber le fonctionnement électronique et embuer le viseur et l'optique au point d'empêcher toute prise de vue.
Il convient donc de garder son appareil à température ambiante, autour du cou, ou dans une sacoche.
Avant d'entrer dans un local chauffé, emballer le matériel dans un sac étanche (ziploc ou bon sac photo) et ne pas y toucher pour un bon moment, pour éviter la condensation.
L'électronique des appareils amateurs (y compris les reflex qui ne sont pas "tropicalisés") n'aime pas du tout l'humidité. Attention, en cas de réparation, vous perdez la garantie.

Le film. Le film devient cassant aux très basses températures (-30°C)

Pas de problème pour changer un objectif dans le froid. L'air froid est très sec, donc une fois le matériel à température aucun risque de buée. Evidemment faut pas souffler sur une lentille pour enlever une poussière : risque de givre !

Les reflex mécaniques

Ces appareils argentiques (Nikon FM2, FM3A ...) particulièrement robustes fonctionnent à très basse température et même sans pile.
Essayez la règle "F16" pour exposer un film sans posomètre :
16 est l'ouverture à afficher sur l'objectif par temps ensoleillé, la vitesse à règler correspond à la sensibilté du film en ISO (1/60 pour Velvia 50 par exemple).
Ensuite il faut adapter le couple diaphragme/vitesse aux valeurs souhaitées (1/60 F16 peut devenir 1/125 F11)
Par soleil voilé F16 devient F11
Par temps nuageux clair F16 devient F8
Par temps nuageux chargé F16 devient F5,6
Par temps pluvieux F16 devient F4, ...

Le désert

Le sable, ou plutôt la poussière de sable, très fine, envahit tout.
Mettre systématiquement l'appareil dans un sac plastique et ne le sortir que pour déclencher.
On peut momifier l'appareil avec un film transparent type Albal.
Prendre ce qu'il faut pour nettoyer, pinceau, poire soufflante, chiffon.
Un bon zoom évite les changements d'objectifs.
Bien protéger les pellicules, en particulier les feutres des lèvres des cartouches car sinon rayures assurées.
Un appareil tropicalisé ou semi tropicalisé serait bienvenu.

A l'aéroport

Dans les aéroports, aux contrôles de sécurité par rayons X, les films ne risquent rien en les gardant dans les bagages à main, même en plusieurs passages. En revanche, les bagages enregistrés (chargés dans la soute des avions) sont souvent soumis à des rayons X plus puissants succeptibles de voiler tous les films non traités.
Voir à ce sujet la notice et les recommandations de Kodak.

Communiqué de Nikon: Les cartes mémoire sont composées de parties pleines qui n'ont pas de pièces amovibles et qui ne sont pas sensibles aux rayons X ou aux champs magnétiques. Il n'y a pas de danger à circuler avec ce type de cartes dans des portails de sécurité d'aéroport munis de scanner à rayons X. Certains appareils photo utilisent aussi des "Micro Drive" qui est sont en fait des mini disques dur qui ont le format de cartes compact flash. Ces cartes utilisent un système de stockage magnétique qui enregistre les images et qui peuvent potentiellement être endommagées par les grands aimants qui se trouvent dans les moteurs des scanners d'aéroports. Les avoir en main peut réduire le risque de perte d'images. Les appareils photos numérique eux ne sont pas sensibles aux rayons X et ne seront pas endommagés par les scanners de sécurité d'aéroport.


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