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| Soleil couchant Chamechaude. Chartreuse  Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !
Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.
Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.
Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde immense et radieux !
Victor HUGO - Soleils couchants |
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| Soleil couchant Belledonne  Le soleil disparaît dans l'ombre du couchant,
Mélancolique adieu d'un jour de notre vie;
Et ce jour qui s'éteint dans sa calme agonie,
N'est plus qu'une lueur au bord du noir néant. Alfred Mercier - Soleil couchant |
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| Vagues au soleil couchant Belledonne  Une des clés évidentes et secrètes de ce monde où nous vivons est qu'il passe son temps dans un éternel présent toujours en train de s'évanouir. Entre un avenir qui n'existe pas encore et un passé qui n'existe déjà plus se glisse une pure abstraction, une sorte de rêve impossible. C'est cette absence haletante que nous appelons le présent. Personne n'a jamais vécu ailleurs que sur cette frontière vacillante entre le passé et l'avenir. Jean d'Ormesson - Un jour je m'en irai sans avoir tout dit |
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| L'ombre et la lumière  Le seul avenir de l'avenir est de devenir un passé. Quand l'avenir se jette sur nous, il a tellement hâte de se changer en passé qu'il ne prend que pour un instant, pour un soupir, pour un clin d’œil, pour un éclair la forme fragile du présent. On pourrait presque soutenir que le temps n'a qu'une idée: sauter l'étape du présent. Jean d'Ormesson - Un jour je m'en irai sans avoir tout dit |
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| L'aube  Tous les soleils à l'aube dorment encore un peu
engourdis, nonchalants,
ils se moquent bien du feu du jour qui les attend,
ils chassent les ombres des hommes et des guerres,
tous les soleils à l'aube sont comme de grands enfants
qui n'ont que faire du temps Alfio ANTICO |
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| Solitude Le chêne de Venon  Je n'ai que moi
En chaque jour
Pour accueillir l'aube nouvelle
Mais dès qu'au songe je m'attèle
Je n'ai que toi
Je n'ai que moi
Pour encaisser
De toute la vie les escarres
Mais dès qu'en rêve je m'égare
Je n'ai que toi
Je n'ai que moi
Lorsque j'épie
De l'avenir l'heure qui chante
Mais dans mes prières ardentes
Je n'ai que toi
Je n'ai que toi
Pour m'éblouir
Et pour embellir les images
Mais dès que j'ai tourné les pages
Je n'ai que moi
Esther Granek - Je cours après mon ombre |
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| Rides Lames de girolles - Belledonne  Souris à tes rides, apprends à les aimer, elles parlent de ta vie ; elles parlent du temps, de l'énergie qui circule. Boris RAZON |
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| Sur un brin d'herbe  A quoi sert un brin d'herbe? - A rien,
Dit l'aigle à la serre puissante.
- Moi, répond la taupe innocente,
Par dessous je ne vois pas bien.
- C'est notre pain quotidien,
Dit la brebis reconnaissante.
- C'est l'oeuvre toujours renaissante
Du créateur, dit le chrétien.
Et le poète solitaire
Que, jusqu'au trépas, le mystère
De la nature fait rêver,
En lui-même songe avec joie :
Le brin d'herbe est fait pour sauver
La fourmi quand elle se noie.
Gustave Le Vavasseur 1819 - 1896 |
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| L'arbre mort Canyonlands Utah - Etats-Unis  Près d'un arbre mort,
Le soir je m'endors,
Squelette délabré,
Il est riche d'années,
Avec tous ses ans,
Il enseigne aux vivants,
Même vieux, soyez fiers,
De ce que vous fîtes sur terre.
Ne rougissez pas de votre vie,
Elle fut bien remplie,
Vous avez offert le meilleur,
Pour obtenir le bonheur.
Vous n'avez rien à regretter,
Personne ne peut vous reprocher,
Même devant le malentendu,
Vous avez fait ce que vous avez pu.
Et en pensant à tout ça,
Une petite voix me parle tout bas,
Car ce soir près de mon corps,
Un vieil arbre s'endort. |
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| Eclaircie du soir Belledonne  L'horizon semble un rêve éblouissant où nage
L'écaille de la mer, la plume du nuage,
Car l'Océan est hydre et le nuage oiseau.
Une lueur, rayon vague, part du berceau
Qu'une femme balance au seuil d'une chaumière,
Dore les champs, les fleurs, l'onde, et devient lumière.
Victor HUGO - Eclaircie |
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